ulehlu d fehat : ulac smah ulac

les evenment de 20 avril 2001 en kabylie
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# Posté le samedi 27 juin 2009 10:22

SAGHRU BAND

SAGHRU BAND
# Posté le mardi 02 juin 2009 09:46

Marche du MAK-Université le 12 janvier 2009

Plusieurs centaines de personnes, environ 500 selon des observateurs et plus d'un millier, selon les organisateurs, ont répondu, hier, par leur présence à l'appel à la marche annoncée dix jours auparavant par la section universitaire du mouvement pour l'autonomie de la Kabylie, MAK, afin de marquer Yennayer de son empreinte.
vive MAK KABYLE IMAZIGHEN
# Posté le lundi 19 janvier 2009 06:50

Amazighs : Rendez-vous ou crevez !

Amazighs : Rendez-vous ou crevez !
17-10-08. Le verdict de l'affaire des dix détenus amazighs est tombé, au tribunal de première instance d'Ameknas (Maroc). En effet, Ousaya Mustafa et Ouadouch Hamid écopent chacun d'une peine de 12 ans de prison et devront s'acquitter d'une amende de 80 000 dirhams. Alors que les huit autres détenus, quant à eux, ont été libérés, après avoir croupi plus d'un an en prison. Ils doivent, toutefois, verser une amende de 1000 dirhams. La défense envisage de faire appel du « jugement ». Ce procès, tant attendu (et redouté) par les détenus et leurs familles, survient après les évènements qui avaient secoué les universités marocaines en 2007. Des groupuscules arabo-baathistes et islamistes s'étaient emparés des lieux, semant le trouble dans les campus universitaires. Mais, on le sait, ce « procès » est une mascarade parmi d'autres.



Ait Elbacha Youssef, Hajja Younes, Echami Mohamed , Ait Elqayd Yidir , Taghlaoui Omar , Ennouari Mohamed, Zeddou Yidir et Amer Ouddi sont désormais libres. Avec les deux grands malheureux de ce procès, Ousaya et Ouadouch, ils avaient été incarcérés dans la prison de Sidi Said à Ameknas depuis le 22 mai 2007, après avoir été placés arbitrairement en « détention préventive ». Grèves de la faim, tortures, viols à la bouteille, traitements inhumains, propos racistes, c'est ce qu'ont subi ces dix jeunes durant leur séjour en prison. C'est-à-dire pendant environ un an et demi ! A l'extérieur, non plus, leurs proches n'étaient pas de tout repos. Le comité de soutien des détenus politiques d'Ameknas, qui suit cette affaire depuis son début, en a vu de toutes les couleurs. Le makhzen a, à plusieurs reprises, reporté l'audience, agressé les familles, annulé les sit-in prévus pour manifester contre « l'injustice de la justice marocaine » et pour la libération de leurs fils.

Après de multiples provocations de la part des autorités makhzéniennes, le verdict est tombé. Les huit libérés doivent s'acquitter d'une amende de 1000 dirhams, en plus d'avoir résisté plus de 17 mois en prison (la peine encourue est d'un an). Ouadouch Hamid et Ousaya Mustafa ont écopé de 12 ans de prison ferme et d'une amende de 80 000 dirhams pour indemniser la famille de la victime. La victime, ici, est un étudiant de l'université d'Ameknas, tué en mai 2007. Sans aucun doute, il n'a pu être assassiné que par des criminels sanguinaires, remplis de haine et assoiffés de sang. Je parle des milices arabo-islamo-baathistes envoyés par le makhzen pour ensanglanter les universités, de manière à faire des militants pacifistes du MCA le bouc émissaire du drame. Car ces jeunes étudiants, issus du MCA, ont hérité des valeurs humaines perpétrées par leurs ancêtres. Alors que les guerilerros arabistes de la pseudo « Voie Démocratique » veulent à tout prix exporter la violence irako baathiste à Tamazgha. Un aperçu de cette violence peut-être visible sur les photos des étudiants blessés à Ameknas (Avril/Mai 2007) :
http://www.tamazgha.fr/Photos-d-etudiants-blesses-lors-des-agressions-de-Meknes,1956.html
En effet, les vraies victimes, dans cette affaire, sont ces jeunes étudiants amazighs qui n'ont commis aucun crime si ce n'est celui de défendre coûte que coûte leur amazighité. Le « juge » d'instruction n'y est pour rien dans le verdict. Ce n'est qu'une marionnette téléguidée par le « ministère de la Justice », lui-même téléguidé par les hautes instances...On a jugé ces étudiants comme des voyous et des criminels d'où les peines prononcées. Alors qu'on sait tous, et le makhzen en premier, que ces étudiants ont été jetés en prison pour des raisons politiques. C'est le fond du problème. La cause amazighe est éminemment une cause politique en plus d'être culturelle, linguistique et sociale. N'en déplaise à ceux qui passent tout leur temps à organiser des festivals amazighs comme, par exemple, le président du Centre Tarik Ibn Ziyad, situé à Ameknas, M. Aourid.

Le fait que des jeunes qui n'ont été formés que par eux-mêmes expriment des revendications politiques en tant qu'Amazighs incite les autorités makhzéniennes à revoir leur politique d'arabisation. Mais pour abattre le MCA, le régime a besoin d'alliés, en plus de se mettre la « justice » de son côté, qu'il va chercher sur le terrain. Comme, Hassan Aourid, ex-porte-parole du palais royal et ami du Roi faut-il le préciser. Cet esclave « Amazigh » connaît parfaitement la situation du MCA et offre régulièrement ses services à l'état pour mater la rébellion amazighe. Et pour saper les fondements du MCA, quoi de plus facile que de recruter des gangsters arabo-sahraouis avec pour mission de razzier les universités marocaines, et au passage, commettre un ou deux crimes. L'objectif étant clair : souiller l'image du MCA pour décrédibiliser les revendications amazighes. D'ailleurs, le verdict prononcé par le « juge » est un message clair lancé par le pouvoir aux Amazighs qui résistent encore à l'arabisation : Rendez-vous (c'est-à-dire « Vendez-vous ! ») ou Crevez !

Se rendre ou mourir : ainsi est la justice marocaine. A titre d'exemple, on sait que le Maroc s'est engagé dans la lutte contre le terrorisme. Alors que c'est bel et bien la politique d'arabisation menée par le régime de Rabat qui a fait de ce pays le nid des barbus enturbannés et des candidats au suicide explosif. Si on compare les verdicts anti-terroristes et les verdicts anti-amazighs, on découvre, en fait, que les terroristes, ce sont les militants du MCA, les premiers à avoir tiré la sonnette d'alarme sur les dangers du processus d'arabisation.

Nombreux sont les discours du Roi qui évoquent le caractère prioritaire et fondamental de la « réforme de la justice ». Mis à part le milliard de dirhams dédié au relooking de 22 salles d'audience (10 000 ordinateurs supplémentaires, installation de bornes interactives...) et des jugements inappropriés, on n'a rien vu d'autre ! On sait bien que la justice, au Maroc, est tout sauf indépendante. Le ministre marocain de la Justice, Abdelwahed Radi aime bien répéter que « la justice est indépendante vis-à-vis du pouvoir politique » Et comment, on aimerait bien y croire ! Malheureusement, le cas des détenus politiques amazighs démontre le contraire. Les Amazighs dérangent, les juges sont donc appelés à contribuer, eux aussi, au démantèlement de leur mouvement Tous les moyens sont bons pour liquider le MCA.

Ameknas, c'est la ville où auront (peut-être) lieu les 5èmes assises du Congrès Mondial Amazigh. C'est aussi une ville qui a su préserver son authenticité amazighe de par son Histoire. C'est à l'université d'Ameknas où des bandes arabistes ont juxtaposés les drapeaux amazigh et israélien pendant la période noire de 2007. C'est également cette région amazighe du Moyen Atlas qui est présidée par l'anti-amazigh Aourid. Nombreux sont les enjeux qui se cachent derrière cette région et son actualité... Toujours est-il que le silence des associations (véritablement) amazighes concernant le terrible verdict du 17 Octobre est inquiétant. Soutenons Ousaya et Ouadouch et tous les autres détenus politiques amazighs qui préfèrent crever que de se rendre !



Alahyan FATIMA
source: http://www.amazighworld.org/human_rights/index_show.php?id=1635
# Posté le samedi 25 octobre 2008 09:51

MATOUB LOUNES

MATOUB LOUNES
Le bouillonnement culturel et militant ayant caractérisé le combat pour l'amazigité au milieu des années 70 ne fut pas un coup de tonnerre dans un ciel serein.

A la fin des années 60 et tout au long de la décennie qui suivra, une véritable renaissance culturelle s'est développée dans un système underground, en dehors des circuits administratifs, de la bureaucratie et de la censure du parti unique.

Les cours informels de berbère assurés à l'université d'Alger par Mouloud Mammeri étaient assidûment suivis par des étudiants engagés dans le combat culturel ; ces cours seront brutalement interrompus par l'administration et la fougue de l'élite kabyle prit d'autres relais.

Un point de ralliement sera consigné par Bessaoud Mohand Arab en fondant, avec des amis, l'Académie berbère de Paris. Autour de cette institution bénévole graviteront des étudiants, des chanteurs émigrés et de simples travailleurs.

Des relais seront implantés en Algérie, particulièrement à Alger et en Kabylie, par l'intermédiaire d'étudiants, de lycéens et de certaines personnes plus ou moins instruites acquises à la cause de la défense de la culture berbère. Mohamed Haroun, étudiant au lycée technique de Dellys, sera un fervent et efficace ambassadeur de cette institution au niveau de la Kabylie.

L'arbitraire du pouvoir avait interdit toute expression publique de la culture berbère : des élèves de lycées de Kabylie ont plusieurs fois été contraints de jouer des pièces de théâtre en arabe classique ; la télévision d'Etat ignorait complètement la dimension berbère de la culture algérienne en faisant l'impasse sur cette langue et en faisant un matraquage propagandiste sur et dans la langue arabe ; tous les signes qui renvoient à cette culture sont pourchassés, y compris par les forces de répression.

La provocation alla jusqu'à programmer des chanteurs arabophones au cours d'une édition de la Fête des Cerises de Larbaâ Nath Irathène, ce qui entraîna de graves troubles et une féroce répression des populations.

Cette attitude ségrégationniste avait, comme de bien entendu, renforcé la conviction des femmes et des hommes de culture, des lycéens et des étudiants, quant à la justesse du combat amazigh. Cela se traduisit par un travail encore plus profond et plus élargi de tous ceux qui, souvent avec des moyens dérisoires, s'étaient investis dans la culture.

Loin de nous l'idée de procéder à un inventaire des ½uvres et des personnalités qui allaient constituer le ferment de la lutte pour la culture berbère pendant les années qui ont précédé l'explosion d'Avril 1980 ; on ne peut cependant faire l'impasse sur certains hommes et certains symboles qui ont fini par faire corps avec la société : le chanteur et militant Ferhat Imazighen Imoula, Aït Menguellet, Ben Mohamed, Mohia, Slimane Azem, Mammeri, la JSK...

C'est dans ce contexte que surgit une voix rocailleuse, porteuse de rébellion et d'espoir à la fois. Matoub Lounès agrégera dans son action et son travail artistique les plus-values culturelles de ses prédécesseurs en y apportant sa touche personnelle faite de fougue, de combativité exceptionnelles.

On ne pourra jamais dresser une liste exhaustive pour une période qui a fait intervenir également des anonymes, des militants sans ''statut'' particulier. En tout cas, chanteurs, écrivains, animateurs d'associations et de revues interdites, animateurs villageois, tous ont contribué, d'une manière ou d'une autre, à l'éveil de la conscience berbère en Kabylie.

Même les organes officiels de l'Etat ont été investis, d'une manière subtile et intelligente, par les défenseurs de la démocratie et de la culture berbère ; nous faisons particulièrement allusion à la Radio d'expression kabyle, la Chaîne II, où ont pu s'exprimer des hommes et des femmes de grande valeur à l'image de Benmohamed, Boukhalfa, Hadjira Oulbachir, ...etc. et à l'hebdomadaire “Algérie Actualités'' où travaillaient des plumes prestigieuses comme Tahar Djaout, Abdelkrim Djaâd...qui ont pu éclairer l'opinion sur un certain nombre de sujets complexes liés à la culture.

Il s'ensuivit alors un bouillonnement culturel sans précédent suite auquel la société kabyle a renoué avec les grands symboles de sa culture et de son histoire : Massinissa, Jugurtha, Juba, Jean et Taos Amrouche, Feraoun, Abane Ramdane, Krim Belkacem, etc.

Presque tous ces symboles ont servi dans la chanson de Lounès pour illustrer le combat des ancêtres, tirer les leçons de erreurs du passé et tracer des voies nouvelles pour l'émancipation politique, sociale et culturelle de la jeunesse algérienne en général et kabyle en particulier.

Une esthétique de la rébellion

Trop rares sont les poèmes de Matoub Lounès où la vie privée du chanteur soit assez éloignée des thèmes majeurs qu'il a eu l'occasion de traiter dans sa courte mais exaltante vie.

Au cours d'une carrière artistique qui s'étale sur environ vingt ans- et que seul son destin tragique a pu arrêter à Tala Bounane un certain 25 juin 1998-, Matoub a carrément bouleversé le cours de la chanson kabyle en lui apportant un souffle nouveau marqué par la fougue et le rythme de la jeunesse, l'esprit rebelle et une sensibilité à fleur de peau.

Pourtant, en venant à la chanson, il n'a pas trouvé le terrain vierge. Au contraire, une génération post-Indépendance, pleine d'énergie et d'imagination, a pu s'imposer auprès d'un auditoire assoiffé des mots du terroir et des rythmes ancestraux, catégories artistiques niées et malmenées par la culture officielle imposée par le parti unique.

Ainsi, Aït Menguellet, Ferhat Imazighène Imula et Idir ont pu se mettre au diapason des aspirations de la jeunesse de l'époque, et le cours des événements a fait d'eux- peut-être à leur corps défendant- des ''porte-paroles'' attitrés d'une population déçue par l'ère de l'après-indépendance faite d'arbitraire, de népotisme, de négation des libertés et de l'identité berbère.

C'est dans ce contexte, dont le début de maturation peut être situé aux alentours de 1977, année du double trophée de la JSK (Coupe d'Algérie et championnat) qui a vu une jeunesse kabyle enthousiaste et déchaînée cracher les quatre vérités au président du Conseil de la révolution présent sur le stade du 5 Juillet à Alger.

Pour punir la région pour une telle ''indiscipline'', le gouvernement rebaptisa la JSK du nom de la JET (Jeunesse électronique de Tizi Ouzou), sujet qui fera l'objet d'une chanson de Matoub.

Sur ce terrain déjà abondamment fertilisé par une prise de conscience de plus en plus avancée, Matoub évoluera en apportant sa touche et son style personnels et qui se révéleront par la suite comme une véritable révolution dans la chanson kabyle en général.

Après les premières chansons où se mélangent amour, ambiance de fête et rébellion primesautière, thèmes bâtis sur des textes généralement courts et des rythmes vifs, Matoub Lounès épousera la ''courbe'' des événements en s'en faisant parfois le ''chroniqueur'', le commentateur et l'analyste.

Et le premier et le plus important événement que Matoub a eu à vivre dans sa région, alors qu'il était âgé d'un plus de vingt-cinq ans, était bien sûr le Printemps berbère d'Avril 1980.

Pour toute la population de Kabylie, et même pour l'ensemble du pays, Avril 1980 est considéré comme le premier mouvement sortant des entrailles de la population après l'indépendance du pays en 1962. Tout ce qui s'est passé avant cette date- fussent-elles des émeutes- était circonscrit aux luttes du sérail et était géré en tant que tel.

Le Mouvement Berbère de 1980, qui a commencé en mars et dont les plus gros troubles se sont étalés sur quatre mois- en vérité, ce Mouvement n'a jamais pris fin et tout ce que vivra la Kabylie des décennies plus tard est frappé du sceau d'avril 80-, allait constituer le bréviaire et le champ d'action de la poésie de Matoub.

“L'Oued Aïssi'', “Si Skikda i t n id fkène'', et d'autres chansons aussi émouvantes et fougueuses les unes que les autres, sont le point de départ d'un parcours de chanson engagée que ne démentiront ni le temps ni les événements.

''Engagé'', une épithète certes galvaudée, par le pouvoir politique d'abord- car il place et classe tous ses courtisans, artistes ou autres faux intellectuels, dans cette catégorie tant ''convoitée''- et ensuite par de médiocres chansonniers à la recherche d'une hypothétique gloire qui viendrait, si c'est possible, de la débordante générosité du sérail. Mais tel que défini initialement, Matoub répond parfaitement- et jusqu'au drame- aux canons de l'engagement.

Partant de ce constat irréfutable, il s'avère que c'est sans grande surprise que l'on découvre à quel point la vie personnelle, et même intime, du chanteur vient se mêler, s'imbriquer et parfois se confondre au destin collectif que Matoub met en scène dans ces poèmes.

Et ce n'est pas par hasard que les chansons qui excellent dans se genre d' ''amalgame'' volontaires soient les plus volumineuses, les plus longues. Que l'on s'arrête sur ''Azrou n'Laghrib'' (1983), ''Ad Regmegh qabl imaniw'' (1982) et l'inénarrable ''A Tarwa n'Lhif'' (1986). Toutes les trois portent la marque d'une errance de l'auteur- où se mêlent éléments réels et quelques séquences de fiction poétique- associée à l'épopée de toute une région, un pays, une nation.

D'autres textes plus courts adoptent la même architecture : ''A y ammi aâzizène, ayn akka tghabedh ghef allan ?'', ''Tkallaxm-iyi di temziw, xellasgh awen ayn ur d ughagh'', ''Ugadegh ak Rwin...'', ...etc.

Toujours présent

La Kabylie ne se résout pas encore à vivre sans la voix rocailleuse de vrai montagnard et sans la sensibilité fougueuse de l'écorché vif que fut Matoub Lounès. Sa pesante absence s'est imperceptiblement muée en une formidable et indicible présence auprès d'une jeunesse qui se reconnaissait totalement en lui et qui n'arrive pas encore, dix ans après son lâche assassinat à Tala Bounane, à faire son travail de deuil.

Plus qu'un simple phénomène culturel exclusivement lié à la chanson et à son mode d'expression, loin du show biz connu sous les cieux agités de l'Occident, l'attachement à l'idole Matoub est un fort symbole, une forme d'identification historique et culturelle, une plongée dans les mythes fondateurs de la Kabylie et un porte-étendard de la résistance à l'oppression et à l'arbitraire.

La vérité est que le travail accompli par les maîtres et les savants (les amusnaw modernes), à l'image de Mouloud Mammeri, pour la réhabilitation et la promotion de la culture berbère n'était pas accessible directement au commun des citoyens.

Bien que Dda Lmulud eût déployé des efforts surhumains au début de l'ouverture démocratique- alors qu'il avait allègrement franchi le cap des 70 ans- pour porter le plus loin possible le message d'une renaissance amazigh, la mission avait bien besoin de médiateurs culturels agissant directement sur le terreau social existant sans sophistication intellectuelle ni complication conceptuelle. Ce fut le rôle joué naturellement par les hommes d'art et de culture de la trempe de Matoub Louenès.

Avec les mots simples de la tribu- auxquels il redonna sens et puissance -, il parvient à toucher toutes les franges de la société par ses belles métaphores, ses colères justifiées ou circonstancielles, ses envolées lyriques, ses poésies épiques et ses mélodies alliant authenticité et originalité.

Matoub devint un mythe de son vivant auprès des jeunes kabyles à la recherche de repères et de confiance en soi. Ses chansons étaient et sont toujours exécutées et répétées dans les fêtes, dans les écoles, dans les ateliers de travail. Elles sont écoutées à la maison, dans la voiture et sur la voie publique.

Elles sont psalmodiées sur le frêne qu'on effeuille, sur l'olivier qu'on gaule et sur les bancs de l'école qu'on boude. Elles sont entonnées à gorge déployée et à poitrine bombée pendant les marches et manifestations.

Elles sont susurrées a capella dans les chambres nues d'adolescents chagrinés, dans les cuisines de jeunes filles déscolarisées et dans les turnes et piaules silencieuses des cités universitaires.

Aucun espace public ou privé n'échappe à la matoubania. Son assassinat a été ressenti comme l'un des plus grands drames qu'ait eu à connaître la Kabylie depuis l'Indépendance du pays. Il faut avoir un c½ur d'airain et une foi qui ébranle les montagnes pour ne pas désespérer, pour ne pas faillir, pour ne pas défaillir.

Et c'est tout l'enseignement de Matoub, allant dans le sens de la pugnacité, de la bravoure et du dévouement total, qualités que s'est appropriée la nouvelle jeunesse de Kabylie pour forcer les horizons à s'ouvrir et le destin à s'accomplir.

source : www.kabyle.com
# Posté le jeudi 26 juin 2008 12:05
Modifié le samedi 28 juin 2008 14:16